L’espace associatif français gagne du terrain. Hors apport du travail bénévole, il représente aujourd’hui près de 4 % du PIB. C’est un secteur sur lequel il est compliqué d’obtenir des chiffres précis quant à sa réalité. D’autant plus que 85 % des associations n’ont pas recours à l’emploi salarié. D’après les estimations et les évaluations du ministère de la jeunesse et des sports, la France recenserait près de 1,1 millions d’associations. Actrices économiques à part entière, elles emploient près de 1 050 000 personnes. Soutenues par le travail de 14 millions de bénévoles, elles représentent un budget cumulé de l’ordre de 59 milliards d’euro, et enregistrent croissance annuelle moyenne de 2.5 %, signe que le secteur est en pleine expansion. Petit tour d’horizon du paysage français associatif.Un secteur en perpétuel renouvellement
Les structures sportives occupent à elles seules près d’un quart du paysage associatif. Viennent ensuite les associations culturelles (19 %) et de loisirs (18 %). Bien que les associations éducatives, de santé et d’action sociale ne représentent que 15 % du total, elles sont généralement de grande taille et professionnalisées. Chaque année, le ministère estime à près de 37 000, le nombre de nouvelles associations créées.. Depuis 2001, les structures d’éducation, de formation et d’insertion, ainsi que celles de défense des intérêts des consommateurs sont celles qui enregistrent le plus grand nombre de créations.
Budget d’une association
En moyenne, les associations sont dotées d’un budget annuel de 11 700 €, lorsqu’elles n’emploient aucun salarié, et qui atteint en moyenne 282 000 €, lorsqu’elles sont employeurs. Ces dernières, environ 172 000, totalisent un budget de 48,5 milliards d’euros, soit 82 % du budget du secteur. Globalement plus une association est développée, plus elle emploie des salariés et plus son budget est important : 2 % des associations représentent 55 % du budget total. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les dons des particuliers et le mécénat ne finance qu’à hauteur de 5 % du budget des associations. Les subventions publiques, à l’exception de financements contractuels, participent à hauteur de 34 % de leurs budgets. Elles sont solidement ancrées dans la dimension locale : 63 % des structures entretiennent des relations avec les communes. Leur deuxième partenaire financier est le conseil général (1 association sur 5).
Employeuses à part entière
Leur poids économique augmente : +15 % entre 1999 et 2005 selon le ministère. Près de 1,9 millions de personnes sont en poste dans une association. Cet emploi salarié, très concentré dans les grandes associations et celles qui ont pour objet l’action sociale et la santé, est estimé à 1 050 000 équivalents temps plein. Le secteur regorge de statuts divers (stages, apprentissage…), bien souvent dépendant des emplois aidés (contrats d’avenir, contrats d’accompagnement dans l’emploi…). L’emploi salarié augmente chaque année de 2.5 %. Les associations existent aussi grâce au travail bénévole, qui lui, concerne 18 millions de personnes. Ce dernier enregistrerait en moyenne 30 % de croissance par an, quand le nombre de bénévoles augmenterait lui de 23 %.
Une représentativité discutable
L’étude attentive des personnes qui composent les associations met en évidence un phénomène sociétal : si les femmes sont plus nombreuses que les hommes à s’y investir, elles sont peu représentées dans les fonctions dirigeantes, si bien qu’elles ne dominent aucun secteur d’activité. Seuls 31 % des associations sont dirigées par elles. Un chiffre équivalent au pourcentage de femmes dirigeant des sociétés. Par ailleurs, les catégories supérieures et moyennes s’avèrent surreprésentées dans la fonction président. L’un de défis à relever pour le monde associatif est celui de faire accéder les jeunes aux fonctions de direction, car les moins de 36 ans ne représentent que 7 % des présidents.
Longtemps considéré comme un secteur marginal, le monde associatif garantit à ses salariés une professionnalisation de mieux en mieux valorisée. Il offre désormais des opportunités de carrière semblables à celle du public ou du privé. C’est aussi une manière de donner un sens à son travail et de le concilier avec ses aspirations personnelles.


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